Axe 2 : Travail et mondialisation
Responsable : SELIM Monique
Membres permanents : BAUMANN Eveline, GUERIN Isabelle, OULD-AHMED Pépita, ABSI Pascale, CASTELLI Bernard, HERNANDEZ Valeria, PAPAIL Jean, PHELINAS Pascale, PILLON Patrick
Doctorants, ATER et post-doctorants : BIA ZAFINIKAMIA Marie-Luce, CHERFA Fatima, COULIBALY Ibrahim, GARDES Elodie, GUO Wenjing, HEBERLE Isabelle, SY Aboubacry, BEN AYARA Ikbel, BILIGHA TOLANE Patience, EGBAKO Tosse
Membres associés : BAZIN Laurent, CARRION Rosinha, CAULIER Mathieu, FALL Mohamadoune Abdoulaye, FOUILLET Cyril, HEEMERYCK Antoine, HOURS Bernard, MORVANT Solène, PICHERIT David, UNSALDI Levent, WEHRLI Angelica, AGIER Isabelle, ARROYO ALEJANDRE Jesus J., BOURDARIAS Françoise, DEL CUETO Carla Muriel, ESCOBAR Agustín, ESCOBAR DE PABON Silvia, GRAS Carla Sylvina, KESSLER Gabriel, MUSKHELISHVILI Marina , SAUSSEY Magalie, SERVET Jean-Michel
Cet axe vise à mieux saisir les métamorphoses du travail résultant de la mondialisation, leurs directions plurielles dans un contexte de réduction des emplois statutaires et de multiplication des modes de rémunération.
La mondialisation est un des thèmes qui ont été les plus vivement débattu ces dernières années. Bien que ce terme soit de plus en plus communément utilisé, il n’en existe pas de définition précise et encore moins consensuelle. Dans son sens le plus étroit, la mondialisation peut se définir comme la libéralisation des flux de biens, de services et de certains facteurs de production. Elle se traduit par trois phénomènes consubstantiels mais néanmoins distincts : l’accroissement du commerce international, de l’investissement direct étranger et la constitution de réseaux de production internationaux complexes qu’ont permis les avancées dans le secteur des transports et des technologies de l’information ; l’augmentation de la volatilité des mouvements de capitaux à l’origine de nombreuses crises financières ; l’intégration croissante des marchés. Des réorientations profondes des politiques économiques nationales ont accompagné le processus de mondialisation : accent sur le contrôle de l’inflation au moyen de politiques monétaires restrictives, libéralisation des marchés des biens, des services et des capitaux, réduction de la part du secteur public dans la vie économique.
De la sphère économique, le thème de la mondialisation s’est rapidement étendu à l’ensemble des sciences sociales, ce qui a contribué à élargir l’éventail des sens qui lui est attaché, et à intégrer des aspects culturels, politiques, etc., en sus des aspects économiques. Dans un sens plus large, le terme de mondialisation fait référence à l’influence grandissante des institutions qui dépassent les frontières nationales (institutions internationales, ONGs, etc.), et qui imposent des contraintes aux politiques nationales et la circulation planétaire de l’information, des idées, et des individus.
Les bouleversements qui ont affecté l’économie mondiale durant les deux dernières décennies ont enclenché toute une série de changements auxquels aucune nation n’échappe qu’elle soit du Nord ou du Sud, la mondialisation ayant affaibli et relativise la pertinence de la dichotomie Nord/Sud dans les domaines économiques et sociaux et en particulier dans les champs du travail précarisés. La conjugaison des nouvelles mesures de politique économique avec l’intégration plus poussée des pays à l’économie mondiale a eu des effets déterminants sur la quantité d’emplois offerts et sur leur qualité, ainsi que sur les modalités d’emploi des hommes et des femmes des pays du Sud. Les effets de l’ouverture et des réformes sur l’emploi ont souvent déçu les attentes qui les avaient inspirées. Le bilan que dresse l’OIT de la situation de l’emploi dans les pays du Sud en 2007 est peu glorieux : une large fraction de la population active reste exclue des activités productives ou enfermée dans des activités à faible productivité, on n’observe pas de baisse sensible du chômage, la qualité moyenne des emplois a baissé, la protection sociale traditionnellement rattachée au statut de salarié s’est érodée et le nombre de travailleurs pauvres (vivant avec moins de 2 dollars par jour) stagne ou croît selon les régions. Ainsi, même quand ils travaillent sans relâche, beaucoup de travailleurs des pays du Sud gagnent des revenus insuffisants pour échapper à la pauvreté, la faiblesse des rémunérations allant souvent de pair avec les mauvaises conditions de travail.
Ce constat conduit à mener des travaux de recherche qui analysent les effets, sur le travail et l’emploi, des politiques de libéralisation et de dérégulation qui accompagnent depuis plus de deux décennies l’avancée de la mondialisation. En effet, l’emploi est le principal canal à travers lequel l’immense majorité de la population peut accéder aux bénéfices de la croissance. Pour les ménages les plus pauvres qui possèdent peu ou pas d’actifs propres en dehors de leur force de travail, toute stratégie de développement qui emploie pleinement les ressources humaines et améliore la rémunération du travail est une arme puissante de lutte contre la pauvreté.
Face à la complexité de ce thème, les chercheurs qui appartiennent à cet axe mobilisent une grande diversité d’approches, en sciences économiques, en démographie, en sociologie, et en anthropologie. Corollairement l’analyse des arènes nationales et globales des discours qui se polarisent sur le travail fait intégralement partie des recherches sur les champs du travail et leurs métamorphoses induites par la globalisation.
Trois grands champs d’analyse, qui sont apparus essentiels aux chercheurs qui composent cet axe, structurent la recherche autour du thème « travail et mondialisation ».
1. Travail, entreprise, marché
D’emblée, il faut souligner que les effets des dérégulations sont complexes, plurivoques, et qu’ils se présentent sous des facettes différentes, voire divergentes selon les régions du monde et les trajectoires nationales, mais aussi selon les secteurs d’activité. On observe en effet des situations contrastées entre les pays d’ancienne industrialisation comme en Europe, les pays en voie de déclin ou de marginalisation économique, et dans des contextes de forte croissance économique, comme celui de la (...) suite
2. Travail, acteurs transnationaux, Etats
L’internationalisation croissante a remis en cause les frontières du politique et les formes légitimes de la représentation et de la délégation ; elle a également rendu certains cadres réglementaires nationaux de moins en moins pertinents car la contribution des acteurs non étatiques au droit international s’est fortement accrue et ce dernier pénètre de plus en plus effectivement le droit interne.
La mondialisation s’est ainsi traduite par l’émergence de nouveaux acteurs influents de la scène (...) suite
3. Travail, monnaie, financiarisation
L’économie mondiale est marquée par d’intenses mouvements de capitaux à l’échelle planétaire qui se transmettent à l’économie réelle soit positivement par le biais des investissements directs étrangers et d’accès à la liquidité soit négativement par le biais de nouvelles exigences de rentabilité financière, et plus conjoncturellement par des accidents financiers (crise boursière, crise de change, crise de liquidité, etc.). Ces processus de financiarisation ont profondément affecte les champs sociaux et (...) suite


